SOMMAIRE
Érigée en chef-lieu de cercle en 1903 au détriment de Matankari, la capitale historique de l’Arewa, la ville de Dogondoutchi a connu une croissance démographique soutenue qui l’a transformée de village (4.865 habitants en 1956) en gros bourg rural (25.222 habitants en 1994) . À un taux de croissance démographique relativement élevé de 7,4% pour la période 1956-62, Dogondoutchi a suivi un accroissement plus modéré de la population, qui progresse en moyenne de 3,4% tous les ans selon des données du début des années 1990 (Legros 1993 : 10). L’augmentation de la population et la présence des autorités administratives de la sous-préfecture et de la commune urbaine érigée en 1988 ont engendré une forte croissance de l’espace urbain, lequel, à partir de l’ancien noyau villageois adossé aux flancs de la colline et du marché central, s’est étendu vers les villages de Bozarawa et de Tantchia au Nord, et vers la route nationale, au Sud.
Après 1977, l’expansion de la ville s’est poursuivie vers l’Ouest, dans les zones les plus sujettes aux risques d’inondation. Entre 1960 et 1977, l’Etat a procédé à un réalignement des quartiers centraux, par des expropriations effectuées sans compensation, dans le but de « dédensifier » le centre ville. Plus tard, en 1991, la nouvelle municipalité a restructuré les villages de Tantchia et Bozarawa. Ce processus d’urbanisation rapide n’a pas été suivi, cependant, de l’extension des services comme l’électricité et l’eau potable, et a accentué les problèmes de gestion de l’assainissement et de la voirie, au moment où ces services devenaient une compétence de la municipalité.
La commune urbaine de Dogondoutchi est actuellement répartie en 14 quartiers. Sept villages y sont rattachés administrativement, pour une population totale de 42.512 habitants en 1994 .
Malgré une préoccupation pour l’assainissement urbain qui remonte à l’époque coloniale, et des interventions extérieures initiées dans le cadre d’un programme de coopération décentralisé depuis 1991, la situation de l’assainissement urbain à Dogondoutchi demeure problématique : si le ramassage des ordures domestiques a connu des progrès considérables et se fonde sur un montage institutionnel complexe mais assez efficace, la qualité de sa gestion varie selon les quartiers et les saisons. Rien n’est en revanche prévu pour assurer un nettoyage régulier des espaces publics (places, rues), sauf à l’occasion d’initiatives ponctuelles de mobilisation collective, autrefois sollicitées ou imposées par les chefs ou par des régimes autoritaires à des fins d’encadrement, aujourd’hui motivées par la quête de projets et financements extérieurs. Les acteurs impliqués dans la salubrité publique se sont certes diversifiés pendant la dernière décennie, suivant une tendance plus générale qui cherche à établir des relations durables entre collectivités locales et « société civile ».
Mais lorsqu’on enquête sur leurs modes d’organisation et leurs capacités réelles, le portrait qui se dégage est moins flatteur : d’une part, une municipalité à bout de souffle, incapable de tenir ses engagements, éloignée des préoccupations concrètes de la population, en manque de légitimité et préoccupée par sa survie politique ; d’autre part, des structures associatives embryonnaires et fortement appuyées par l’extérieur, contrôlées par des notables de la ville et déconnectées des autres réseaux associatifs spontanés.