L’objectif principal de ce programme de recherche mené par le LASDEL sur financement de l’AFD consistait à proposer un bilan de la crise « vue d’en bas », à partir d’enquêtes fraîches, en s’appuyant sur le savoir-faire méthodologique du LASDEL. Si, du fait de la mobilisation internationale médiatique massive, les rapports, diagnostics, recommandations et évaluations n’ont pas manqué dans les mois qui ont suivi la crise, fort peu de données intensives de terrain ont été produites de façon rigoureuse, au plus près des pratiques et des représentations des principaux acteurs concernés, à savoir les paysans des villages frappés par la crise alimentaire. A ce jour, l’étude menée par le LASDEL reste donc la seule tentative du genre, qui, aussi loin que possible de tout parti-pris ou de toute polémique, opère une relecture de la crise alimentaire de 2005 telle qu’elle a été vécue par les villageoises et les villageois d’un certain nombre de sites répartis à travers le pays. Nous avons en effet choisi six sites pour y mener des recherches de terrain de type socio-anthropologique : Bambey, Roumbou, Tirmini, Olléléwa, Guidan Roumji, Tondikiwindi. Tous sont situés dans des zones considérées du point de vue de la production agricole comme « vulnérables » ou » très vulnérables » par le SAP (autrement dit par les services de l’agriculture, qui assurent la collecte des données). Tous ont été frappés par la crise de 2004-2005. Tous ont bénéficié de diverses formes de secours, distribués par la CCA, le PAM et bien d’autres intervenants. Sans prétendre à une quelconque représentativité statistique, nous avons tenté de couvrir un éventail de situations variées. Les principaux foyers connus de la crise alimentaire ont été privilégiés dans le choix des sites. Les régions de Maradi, Zinder,Tahoua et Tillabéri sont ainsi représentées. Les enquêtes ont porté sur des chefs-lieux de communes rurales, mais des villages périphériques ont été autant que possible investigués, et une petite ville a été retenue comme site (Guidan Roumji). Nous sommes restés dans la zone agricole du Niger (où ont été constatés les principaux déficits alimentaires) mais en prenant en compte des espaces de contact avec la zone pastorale, elle aussi touchée, mais d’une autre façon, par la crise (sites de Bambey, Roumbou, Olléléwa). Dans chaque site, un chercheur du LASDEL (ou associé) et un assistant de recherche (de niveau maîtrise) ont séjourné pendant 15 jours (courant 2006), menant de nombreux entretiens (entre autres auprès de familles considérées localement comme particulièrement vulnérables, mais aussi auprès de l’ensemble des acteurs et « groupes stratégiques » concernés : paysans moyens, notables, commerçants, agents des projets, fonctionnaires, etc.), recueillant des études de cas et procédant à diverses observations .. Pour chaque site un rapport a été rédigé.

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